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Dès la fin septembre et avec lui la saison de cyclo-cross
qui débute. Cette période peut être abordée de deux
manières : soit faire de la saison de cyclo-cross un
objectif,soit la prendre comme une période de préparation
pour la saison de route ou de VTT. En effet, le cyclo-cross
permet d’entretenir la motivation pour rouler en hiver
et permet également de progresser techniquement. Comme
le dit Jean-Yves Plaisance, entraîneur national de la
spécialité : «Le cyclo-cross est une discipline permettant
de développer les qualités spécifiques indispensables
à un coureur cycliste en s’intégrant dans un programme
annuel d’activités».
Commençons par une description de l’activité.
C’est une pratique compétitive hivernale du cyclisme,
physiquement très intense et s’adressant aux athlètes
mûrs physiquement. Néanmoins elle développe les qualités
d’adresse, d’agilité, les réflexes et l’audace constituant
de ce fait, au stade de l’initiation un excellent moyen
de formation technique. Au niveau du profil du parcours,
le circuit ne doit pas dépasser 2500m, le dénivelé maximum
entre point haut et point bas est de 25m, et il doit
y avoir les trois quarts du parcours cyclables (maximum
10% à pied souhaitable). Le départ se fait sur la route,
éventuellement en dehors du circuit, sur 300 à 500m.
Le parcours doit alterner différents tronçons afin de
permettre des changements de rythme, des efforts et
des récupérations. Minimum 500m de route dont 200m pour
la ligne d’arrivée, par fractions afin de relancer le
rythme. Des chemins et des prairies, et éventuellement
du sous-bois pour constituer des passages techniques
intéressants. Les obstacles (planches en bois) mesurent
40cm maximum; on peut en trouver au plus 6 par tour
et la distance minimum entre deux planches est de 4m.
Le changement de vélo est autorisé sur un à deux postes
fixes à chaque tour et permet d’évoluer avec un vélo
propre le plus souvent. Les temps de course sont de
1h en Elite, 50mn en espoirs, 40mn en juniors et féminines,
20mn en cadets. Le matériel a un rôle très important
dans la course.
L’évolution rend les parcours de cyclo-cross de plus
en plus roulants. Il faut un vélo léger et robuste.
On retrouve donc souvent des machines en aluminium ou
carbone. Le boîtier de pédalier est un peu plus haut
que sur route, il n’y a pas d’entretoise sur les bases,
la tête de fourche est plus large pour éviter le bourrage.
Le cintre de la fourche est accentué et l’entre axe
avant et arrières sont plus longs pour le confort et
la stabilité. L’inclinaison du tube de selle est plus
prononcée. On retrouve des freins à tasseaux dérivés
du système «V-Brake». Il y a différentes possibilités
de développements à l’avant : soit un plateau unique
de 42 ou 43 dents avec un système d’antidéraillement
latéral, soit un double plateau 39/46 ou 39/48. A l’arrière
on retrouve des cassettes 13/25 ou 14/26, selon les
parcours. Les cintres peuvent être plats mais ils ne
peuvent excéder 50cm de largeur et être pourvus d’embouts
de guidons. Les roues auront 32 ou 36 rayons pour être
solides mais rigides. Les boyaux donneront plus de confort,
d’adhérence et limiteront les crevaisons, mais les pneus
seront plus économiques et plus faciles d’entretien.
Les pédales automatiques seront les mêmes qu’en VTT
avec des chaussures de VTT munies de crampons à visser.
Passons à présent à l’entraînement du coureur de cyclo-cross
qui fait de cette discipline sa spécialité. Les meilleurs
de la discipline sont souvent des coureurs d’âge mûr,
expérimentés. La technicité de l’épreuve nécessite la
reconnaissance des parcours, des points stratégiques
et des principales difficultés, afin de connaître les
changements de braquets et les parties de portage. Il
faut savoir manier le vélo avec une maîtrise optimale,
et savoir « se faire mal » car on est très souvent à
la limite de l’effort maximal. L’entraînement sera à
dominante routière, avec des exercices fractionnés destinés
à l’amélioration de lapuissance aérobie (efforts à 90%
du maximum, sur 3 à 5mn), et de la résistance au seuil
ventilatoire (efforts fractionnés à 80-85% du maximum
sur 8 à 30mn). Cet entraînement physique se fera en
alternance avec un travail technique spécifique en dévers,
portages, relances . Le travail physique se fait en
fonction des exigences du cyclo-cross, à savoir des
périodes de puissance aérobie alternées avec de brefs
efforts anaérobie lactique suivis de courtes périodes
de récupération. La fréquence cardiaque va osciller
pendant une heure entre 80 et 100% de son maximum. Il
faut donc une bonne base foncière que le coureur ayant
choisi cette spécialité aura acquis durant l’été sur
route à l’entraînement et en compétition. Le travail
sera ensuite plus spécifique avec des séances d’endurance
critique / seuil (80-85% de la FCMax) en continu derrière
scooter ou sur le plat pour acquérir de la force, en
un travail de puissance aérobie (90% de la FCMax) voir
même d’anaérobie lactique (type sprints longs mais à
réserver à des coureurs déjà aguerris) pour acquérir
la puissance et la vélocité en côte. Le travail technique
va servir à améliorer les temps de récupération en course.
Plusieurs exercices spécifiques sont à conseiller :
- Les virages sur le plat ou en dévers : la technique
consiste à contrôler la vitesse à l’entrée du virage,
élargir le rayon du virage avant pour venir couper ensuite
à l’intérieur puis sortir large en relançant. Pour le
virage en dévers il faut veiller à ce que la manivelle
intérieure ne touche pas le sol et penser à déporter
le poids du corps à l’intérieur.
Le portage du vélo : il existe deux possibilités
pour descendre, soit en patinette ce qui permet de conserver
son élan, soit en voltige lorsqu’il faut faire face
à des situations imprévues. Pour les portages longs,
il faut épauler le vélo (tube horizontal sur l’épaule)
et le tenir calé par le cintre à l’aide de la main droite
si on porte à droite. Pour un portage court, la main
gauche tient le cintre près de la potence et la main
droite le tube horizontal près de la tige de selle.
Pour remonter sur le vélo, il faut continuer de courir
en le reposant au sol, puis sauter en voltige sur la
selle à l’intérieur de la cuisse droite (si on porte
à droite) pour glisser ensuite vers la bonne position,
recommencer à pédaler et enclencher les pédales. - Le
franchissement des buttes : Il faut choisir la bonne
trajectoire, utiliser un braquet adapté (pas trop souple
pour ne pas déraper, pas trop grand pour ne pas rester
bloqué) avec de l’élan, au sommet de la butte avancer
sur le bec de selle pour conserver l’adhérence au pédalage.
Franchissement des planches : utiliser soit
la technique du portage court, soit la technique issue
du bicross : le bunny hop. Il faut sauter l’obstacle
en soulevant alternativement la roue avant puis la roue
arrière. Cette technique doit s’acquérir tout d’abord
sur des obstacles de petite taille. Vous connaissez
à présent la plupart des exigences du cyclo-cross. Dans
une prochaine rubrique nous verrons comment préparer
une saison route ou VTT tout en faisant du cyclo-cross
sans entamer son potentiel si ce n’est pas l’objectif.
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